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Les Açores

Inlassablement citées au gré des bulletins météo, les Açores ont donné leur nom à l’anticyclone qui régule le climat européen.
Cet archipel est pourtant bien plus qu’un phénomène météorologique. Isolé au milieu de l’Océan Atlantique il est loin d’être oublié. 250 000 habitants peuplent ces neuf îles attachantes qui constituent les frontières occidentales du vieux continent. Voyage sur un des derniers trésors cachés d’Europe.

 

GÉOGRAPHIE SINGULIÈRE
Isolé au milieu de l’Atlantique, l’archipel des Açores s’étend sur près de 600 kilomètres.
Il fait partie de la Macaronésie avec Madère, les Canaries et les îles du Cap Vert.
“Situé à la croisée de trois grandes plaques tectoniques, l'archipel s'est construit à partir de la puissante activité magmatique du sous-sol.”

 

Terre en vue !
Diogo de Silves lança l’alerte à l’équipage de son bateau lorsqu’il aperçut le premier une île des Açores en 1427. Vingt-trois ans plus tard tout l’archipel était découvert.

Certaines sources affirment que d’autres visiteurs y firent escale auparavant mais l’Histoire a retenu le Portugal comme premier royaume à y avoir mis le pied, à s’y être intéressé et à s’y être installé.
Près de six siècles plus tard ce chapelet de neuf îles solitaires au milieu de l’Atlantique est toujours portugais, et toujours à découvrir. Flottant à 1500 kilomètres de Lisbonne et 3900 kilomètres de New York, il a longtemps été qu’une simple étape pour les longs vols transatlantiques et pour les navigateurs au long cours qui ont pris très tôt l’habitude d’y faire une escale. Aujourd’hui on s’y arrête toujours, mais on ne va pas plus loin. Les Açores se visitent, pour elles mêmes, pour leur riche patrimoine naturel et culturel. Chaque île a son caractère, aucune n’est le miroir de sa voisine.

São Miguel est verte, tapissée de prairies et de forêts alors que Pico est noire de tout le basalte qui la constitue. Flores est petite et ronde quand São Jorge est plus grande et allongée. On vient sur Faial pour observer les baleines qui passent régulièrement au large et sur Graciosa pour plonger dans des fonds marins particulièrement poissonneux. Santa Maria offre de belles plages où l’on se prélasse au soleil et Corvo les plus beaux sentiers de randonnée pour les amateurs de grand air.
Bref, ces îles aux noms qui chantent sont complémentaires, et une chose finit par les rassembler.

Situées à la croisée des grandes plaques tectoniques nord-américaine, eurasienne et africaine, les Açores sont nées de volcans qui ont émergé de l’océan il y a 4 millions d’années. Chaque île s’est construite à partir de la puissante activité magmatique du sous-sol. Sur chacune d’entre elles on retrouve des, sites volcaniques grandioses, vestiges d’éruptions lointaines ou plus récentes. Car ici, la terre est simplement endormie et peut se réveiller à tout moment. La dernière fois que la lave a décidé de monter voir la lumière du jour c’était en 1957. Les açoriens s’en souviennent et les passionnés viennent encore admirer ces toutes jeunes roches volcaniques qui sont venues agrandir l’île de Faial il y a presque soixante ans.
Voyager aux Açores c’est partir à la découverte d’une terre dynamique, constamment en fusion, sur laquelle la nature a tout de même réussi à prendre sa place. Cette nature foisonnante et protégée a permis à l’archipel d’être reconnu pour la qualité de son offre en tourisme vert et écologique. Parcourir ces îles c’est aussi aller à la rencontre de leurs chaleureux habitants qui accueillent toujours avec le sourire les visiteurs venus d’ailleurs. Tantôt agriculteurs, tantôt pêcheurs, ils partagent avec plaisir leur vie insulaire, leur patrimoine et leurs traditions. À travers São Miguel, Terceira, Pico ou Faial, voici quelques pistes pour explorer cet archipel authentique et plein de ressources.

SÃO MIGUEL La porte d’entrée
Elle est l’île principale des Açores. Tout séjour sur l’archipel y démarre ou s’y termine. Ponta Delgada, sa dynamique capitale, rassemble 70 000 habitants. Malgré son petit charme de ville côtière aux quelques rues et bâtiments anciens, il est bon d’en partir assez vite pour explorer l’intérieur de l’île.

Ponte delgada ©De Roman Sulla

 

“Bienvenue aux Açores !” proclame une grande enseigne à l’aéroport de Ponta Delgada. La plupart des avions qui débarquent du continent se posent dans cette aérogare moderne, surplombant la mer, à quelques kilomètres seulement du centre-ville. Avant l’atterrissage on aperçoit déjà depuis les hublots les maisons blanches de la capitale. Au dessus de leurs toits de brique émergent les clochers des églises datant des XVIe et XVIIe siècles. Le quartier historique est posé au pied de l’océan et veiné de petites rues étroites. Autour, la ville moderne s’est étendue doucement, sans encore faire trop de dégâts.

L’hôtel do Colegio

 

Depuis l’Hotel do Colegio, installé dans une tranquille ruelle du centre, quelques tours de roue suffisent pour s’extraire de cette capitale aux allures de petite cité de province. On traverse de calmes faubourgs allongés sur le littoral et la nature prend alors définitivement le dessus.

 

Un peu de hauteur est nécessaire pour prendre conscience des origines volcaniques de São Miguel. Au centre de l’île, le lieu-dit Caldeiras est un ancien centre thermal ou l’on peut encore tremper les pieds dans une eau chauffée grâce à des vapeurs de volcans. Quand le soleil est au rendez-vous, la vallée de Lombadas sert de décor pour une randonnée fantastique à travers des paysages préservés où personne ne semble être déjà passé. La balade se termine autour du Lagoa do Fogo. Ce lac d’un bleu perçant blotti au fond d’un cratère volcanique offre l’un des plus beaux panoramas de l’archipel.

Sao Miguel ©OneOfTheseDays83

 

À l’ouest de São Miguel le site de Sete Cidades fait aussi partie des paysages connus, pour lesquels ont vient jusqu’aux Açores. Sur des routes de campagne bordées d’agapanthes et d’hortensias en fleurs on grimpe à nouveau sur les hauteurs aérées de l’île. Arrivé sur un des belvédères qui cerclent l’endroit on découvre bouche bée une immense caldeira qui loge deux lacs cette fois-ci. Les aînés de la région continuent de raconter la légende de ce site grandiose : “Il était une fois une princesse qui s’énamoura d’un berger. Le roi leur interdit cet amour, mais magnanime, il leur accorda un dernier rendez-vous d’adieux. Les amants pleurèrent tant que deux lacs naquirent de cet immense chagrin”, se plaît à raconter un doyen du village voisin. En regagnant la côte on traverse de champêtres paysages où des vaches ruminent de l’herbe fraîche en regardant la mer.

De petits villages blancs ponctuent la route panoramique qui contourne l’île. Le bourg de Mosteiros est protégé par les quelques îlots de basalte plantés au large. Plus loin il est dit que le village de Bretanha doit son nom à des bretons qui s’y seraient installés il y a fort longtemps. Dur à vérifier mais les habitants y ont un étrange accent…français. Les quelques moulins que l’on croise, eux, sont plutôt hérités d’un bref passage hollandais. Les Açores ont toujours été un carrefour de peuples et d’influences.
Parmi les legs les plus surprenants figurent même la culture de l’ananas et la production de thé.

Terres de culture

Il y eut d’abord les oranges. Cultivées en masse à partir du XVIe siècle sur São Miguel, les oranges des Açores étaient alors intégralement exportées au Royaume-Uni. À la fin du XIXe, ce commerce décline et un nouveau fruit débarque d’Amérique du Sud.

La première plantation d’ananas de São Miguel est installée en 1864 à Fajã de Baixo. Aujourd’hui, dans cette même ville et dans d’autres encore on continue de cultiver la goûteuse broméliacée. Dans la plantation Arruda on se promène entre les serres où poussent des centaines de pieds. “Il faut deux ans à un ananas pour atteindre sa maturité”, explique un des saisonniers qui bichonne ses plants à longueur de journées. Plus acide que son cousin d’Amérique, l’ananas des Açores n’en est pas moins désagréable à déguster

 

À la même époque, deux chinois de Macao arrivent aux Açores pour apprendre aux locaux comment produire du thé. Les premières plantations apparaissent dès la fin du siècle. Seules deux exploitations produisent encore un thé 100% local qui pousse sur les pentes des collines de São Miguel. La fabrique de Porto Formoso dispose d’un musée qui explique dans les moindres détails les étapes de la confection du breuvage venu d’Asie. La fabrique de Gorreana est plus authentique. On y entend encore ronronner les machines qui travaillent les feuilles bien vertes ramassées à la main depuis 1883. Avec ses deux exploitations toujours en activité, São Miguel est aujourd’hui le seul endroit où l’on produit du thé en Europe.

 

Thé manufacturé
Dans la plantation de Gorreana des femmes trient finement le thé à la main et confectionnent les sachets destinés à la vente. Impossible de manquer la dégustation qui clôt la visite dans une grande salle ayant une vue panoramique sur les plantations et l’océan en contrebas

 

 

 

Tables de choix

Il est midi. Comme chaque jour à la même heure, un petit attroupement se forme près du lac de Furnas. Dans une sorte de carrière d’argile et de gravillons, des fumerolles et une odeur de souffre s’échappent du sol. Armés de pioches, deux hommes cassent un petit tas de sable qu’ils ont érigé à l’aube. De là se découvre un trou profond d’un mètre, duquel on retire un fait-tout encore fumant. L’attroupement monte en voiture, rejoint le village voisin de Furnas et s’attable au bien connu restaurant Tony’s. Au menu, le cozido, ce pot-au-feu local, cuit à l’étouffée pendant six heures aux vapeurs volcaniques. A São Miguel le cozido est plus qu’une attraction touristique. C’est un plat que les habitants se plaisent à déguster régulièrement, en famille. Mieux vaut réserver la veille afin d'être sûr qu’il reste une part pour votre table !

Fumage

 

Cuisine fumée
À cuisson insolite, goût surprenant.
La viande et les légumes du cozido sont loin de sentir
le souffre ou la terre mais dégagent plutôt des saveurs
agréablement parfumées. Le restaurant Tony’s fait partie
des meilleures adresses de l’île pour déguster ce mets singulier.

 

Si la table de chez Tony’s est authentique et conviviale, celle du restaurant Amfiteatro est plus travaillée et raffinée.
Cette adresse créée par l’école hôtelière de Ponta Delgada est tenue par ses élèves. Elle est posée au bout de la jetée qui s’avance fièrement vers l’océan depuis le boulevard côtier de la ville. Les plats y sont étudiés, le dressage est recherché. Le service, lui, est dispensé par de jeunes apprentis ayant déjà des gestes de vrais professionnels. Le tout dans un cadre imposant, à l’architecture épurée qui donne des airs de figure de proue à ce bâtiment blanc qui s’avance majestueusement vers la mer.

 

Lumineux & contemporain
La carte du restaurant Amfiteatro est pleine de surprises et d’originalité, pour des prix loin d’atteindre des sommets. Sa cuisine tranche radicalement avec celle des adresses plus traditionnelles que l’on trouve à travers l’archipel

 

TERCEIRA La verte
Troisième île à avoir été découverte, Terceira exerce un attrait culturel important dont sa capitale, Angra do Heroismo, est la vitrine. C’est aussi une terre de paysans et de pêcheurs qui font vivre un terroir bien présent.


Plus plate et plus ronde. Terceira est moins accidentée que ses voisines. L’île est née du plus grand cratère des Açores. La caldeira de Guilherme Moniz s’étend sur un périmètre de 15 kilomètres et des fumerolles s’échappent encore du sol à certains endroits. Depuis les hauteurs on admire des étendues presque illimitées de pâturages d’où émergent de charmants villages. Si beaucoup de maisons sont blanches, ici on n’hésite pas à mettre aussi de la couleur.

De petits hameaux multicolores rendent vivante cette île immensément verte, où l’élevage a la part belle. Du haut de Serra do Cume, un belvédère venteux offre une vue imprenable sur l’immense plateau où des centaines de petites enceintes sont séparées par de vieux murets en pierre noire. En redescendant il n’est pas rare de devoir ralentir sur les petites routes de l’île pour dépasser de lents troupeaux de vaches laitières. On croise aussi dans certains enclos de beaux et sombres taureaux redressant leur tête dès qu’un humain circule dans les parages. À Terceira, la corrida est une tradition culturelle plébiscitée dont la survie est ardemment défendue par les autorités locales.

Entre terre & mer

Au pied de l’île, des séries de vagues bien enroulées déferlent sur la côte. À quelques coups de rame du Cabo da Praia des surfeurs descendent des tubes parfaitement réguliers qui finissent par venir s’étaler près du récif. Des petits ports de pêche ponctuent le littoral sauvage et morcelé. Au village de São Mateusles filets sont raccommodés et les bateaux sont prêts à être mis à l’eau. Les pêcheurs scrutent inlassablement l’Océan en attendant les autorisations de sortie. “La seule chose qu’on attend c’est d’enfiler nos cirés et partir en mer pour gagner notre croûte”, explique João, un pêcheur las d’être amarré au port les jours où la mer est agitée. Le soleil est souvent de la partie mais il arrive parfois que le climat des Açores soit capricieux. Les jours de pêche, dès le retour au port, les poissons remontés passent par la criée et sont vendus illico sur le marché d’Angra.

Au bout du fil
Le marlin bleu, le requin taupe ou la bonite
font partie des poissons que les pêcheurs de Terceira remontent au bout 
de leurs lignes ou dans leurs filets. Les eaux açoriennes sont réputées pour leur variété piscicole.

 

 

 

En Prières
La religion catholique occupe une place importante dans la vie des açoriens. À Terceira chaque village possède sa petite chapelle colorée dédiée au Saint-Esprit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une histoire capitale
Angra do Heroismo est le centre économique et culturel de Terceira.
Fondée au XVIe siècle, elle est la première ville édifiée en plein milieu de l’Atlantique et fut la première capitale des Açores. Ses rues ombragées et ses façades colorées en font une étape indispensable lors d’un séjour dans l’archipel. L’Hotel do Caracol y est idéalement situé. Sur un piton rocheux qui s’avance vers la mer, sa vue sur le cratère volcanique du Monte Brasil y est magnifique. De là, quelques minutes de marche suffisent pour atteindre le centreville. Le quartier historique est bâti selon un plan rigoureux faisant référence à l’architecture Renaissance espagnole. On peut y visiter une cathédrale, plusieurs églises, des palais et des manoirs particulièrement bien conservés malgré la violence de certains séismes qui ont secoué l’île. Cet héritage architectural a toujours été protégé et a permis à Angra do Heroismo d’être classée sur la liste du Patrimoine Mondial de l’UNESCO en 1983. —

Belvédère Atlantique
L’Hôtel do Caracol est connu pour sa tour en spirale qui donne une vue panoramique sur la Baie de Silveira.
Les jours de beau temps l’île voisine de São Jorge se laisse même deviner au loin.

 

PICO L’île noire
En plein coeur de l’archipel, le mont Pico a donné son nom à l’île qu’il a engendré. On ne chasse plus la baleine sur ses côtes mais on cultive encore la vigne sur ses pentes.

Pico ©Eric Valenne geostory

2531 mètres, une fois au sommet du stratovolcan... Pico nous voilà au point culminant des Açores et de tout le Portugal. La neige vient souvent saupoudrer ce cône presque parfait aux allures de Mont Fuji, mais par beau temps l’ascension reste facile. Nombreux randonneurs s’en donnent à coeur joie sur ses pentes basaltiques d’où on aperçoit l’île toute proche de Faial. Le bas de Pico est tapissé de vignes depuis le XVe siècle. Le sol volcanique riche en nutriments et le micro climat sec et chaud sont propices à la bonne maturation du raisin. Ici, chaque pied est cerclé d’un currai, un mur de pierre volcanique qui le protège des embruns et du vent venu de la mer.

Ce paysage de petites parcelles façonnées par l’homme a valu au vignoble d’être classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO en 2004. Les cahutes de vignerons étant aussi en pierre de lave, le tout confère à Pico le surnom d’île noire. Parmi les cépages récoltés, le verdelho blanc est majoritaire. Mais il se dit parfois qu’on trouve aussi quelques pieds de noah, un cépage longtemps interdit et qui a aujourd’hui disparu en France. “C’est un vin qui rend fou”, murmure, un verre à la main, un ancien vigneron de Pico qui n’a pourtant pas l’air d’avoir perdu la tête.
Le long de la côte, des villages blancs ponctuent les sols noircis par ce basalte râpeux. En suivant la route du littoral on atteint la petite cité portuaire de Lajes. C’est ici que se sont installés les premiers arrivants en 1460. La ville est ensuite devenue un important port de chasse à la baleine et a forgé sa légende sur l’histoire de ces marins courageux qui partaient en mer courser le coriace mammifère. Un petit musée met en lumière cette époque faste où chaque homme du coin trépignait d’impatience en attendant le passage, au large, d’un groupe de cachalots. Près de là se trouve aussi une ancienne usine où les géants des mers étaient dépecés et conditionnés. La chasse est interdite depuis 1982 et Lajes a retrouvé son calme autour du petit port de pêche. —

 

Havre de paix
L’hôtel Aldeia da Fonte est blotti dans un cadre verdoyant au pied de la route panoramique qui contourne l’île. Dans des petits bungalows de basalte on apprécie le calme des lieux et le bruit des vagues sur la falaise en contrebas.

 

 

 

 

 

 

 

FAIAL Dernière escale
Théâtre de la dernière grande éruption des Açores, Faial se souvient de ce jour où la terre s’est réveillée. Par contre il lui est impossible de se souvenir des milliers de marins qui ont fait escale dans le mythique port d’Horta, sa capitale.

Faial ©Homo Cosmicos

27 septembre 1957. Au petit matin, un pêcheur de baleines observe d’étranges remous à 800 mètres au large de Faial. Quelques heures plus tard, unvolcan sous marin rentre en éruption et des panaches de fumée sont pulvérisés en l’air. À coups de projections de basalte et de coulées de lave le volcan Capelinhos naît des fonds marins, vient agrandir la superficie de l’île de plus de deux kilomètres carrés et s’éteint en octobre 1958. Pendant un an, les Açoriens ébahis et le monde scientifique attentif assistent en direct à la naissance et à la mort d’un volcan. Cinquante-six ans plus tard le site a conservé son aspect lunaire.

Phare Faial ©Lexiv

Le phare qui a été épargné par les forces telluriques se retrouve au coeur des terres alors qu’il était posé au pied de l’océan. Un bâtiment moderne a été creusé sous ce manteau de jeune roche pour ne pas altérer le paysage. Il
accueille un musée retraçant les étapes de l’événement et met en lumière les origines volcaniques des Açores en les comparant à d’autres grands sites de la planète. De l’autre côté de l’île, la ville d’Horta offre la meilleure des vues sur Pico qui n’est qu’à six kilomètres. Les habitants surnomment Horta “la plus petite grande ville du monde”. Elle est un carrefour mythique pour les marins du monde entier, L’escale indispensable pour tout équipage qui traverse l’Atlantique, peu importe le sens. Les eaux du port voient mouiller des bateaux de toutes sortes et offrent un répit bien mérité au milieu d’une traversée parfois éprouvante. Pour se porter chance, les skippers peignent sur la jetée des fresques relatant leur voyage. Des milliers de dessins tapissent et égayent ce qui ailleurs serait une jetée triste et grise. “On est partis de Stockholm et on va au Brésil”, explique Björn, le capitaine d’un petit équipage suédois dont chaque membre est accroupi sur le sol, un pinceau à la main.

 

Enfin, l’âme de Faial est aussi au Peter Café Sport où l’on rencontre toujours de courageux moussaillons qui partagent leurs folles aventures autour d’un bon plat chaud avant de reprendre la mer.
Il est l’adresse la plus connue du monde de la plaisance, le point de rencontre de tous les marins qui font escale à Faial. Certains aventuriers au long cours y reçoivent leur courrier, d’autres se contentent d’y déjeuner ou de boire un Gin Tonic particulièrement bien concocté. La tradition veut que chacun y laisse un fanion de sa terre d’origine avant de quitter l’île

 

 

 

 

 

 

Art en os
Son nom est loin d’être portugais. John Van Opstal ne cache pas ses origines hollandaises mais est fier d’être installé à Horta depuis vingt ans. Devenu artiste de scrimshaw, il réalise des gravures sur des os ou des dents de baleines. Dans sa villa qui surplombe la ville il reçoit les intéressés et leur explique avec plaisir les techniques de son art

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Texte \ Lucas Lahargoue — Photos \ Lucas Lahargoue & DR